Patrice Canayer, né le 4 avril 1961 à Nîmes, est un entraîneur de handball français.
Ancien joueur de handball, il rejoint en tant qu'entraîneur le Montpellier HB, poste qu'il a d'abord occupé au Paris Racing Asnieres après y avoir effectué sa carrière de joueur.
Il participe à l'évolution du club vers le plus haut niveau français. Cette évolution s'appuie sur principes de continuité, tant du côté des dirigeants que du côté des joueurs. Montpellier fournit depuis des années une grande partie de l'effectif de l'équipe de France, des joueurs trouvant à Montpellier les structures d'un grand club européen, participant chaque année à la Ligue des Champions, compétition remportée en 2003. Ils y trouvent également un coach exigeant et privilégiant le groupe, tout en préservant les individualités en ne critiquant pas ses joueurs sur la place publique.
Son palmarès :
Vainqueur de la Ligue des champions de handball en 2003
Champion de France en 1995, 1998, 1999, 2000, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006 et 2008
Vainqueur de la Coupe de France en 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2005, 2006 et 2008
Vainqueur de la Coupe de la Ligue 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008
Interview après le dixième titre de Champion de France
Patrice Canayer, quel est votre sentiment après ce dixième titre de champion de France conquis samedi ?
Un mélange de plaisir et de soulagement. On en était proche depuis quelques temps mais les derniers points sont toujours les plus difficiles à marquer. C’est le sentiment d’avoir réalisé une saison magnifique qui prédomine. Le match contre Toulouse (36-34) a été difficile mais un championnat est aussi fait de victoires étriquées. Il faut du talent, du courage et un peu de réussite de temps en temps. Les spectateurs de Bougnol ont assisté hier (samedi) à un superbe match. Le mérite en revient aussi à Toulouse qui a livré une deuxième mi-temps remarquable et nous a poussés à donner le meilleur de nous-mêmes. Et ça s’est bien terminé, avec beaucoup d’émotion et de plaisir.
Ce dixième titre a-t-il une valeur particulière ?
Ils ont tous une saveur particulière. Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de l’effort considérable qu’il faut produire pour remporter un titre. C’est le fruit d’un énorme travail collectif : d’abord en coulisses pour trouver les budgets puis de la part des dirigeants pour monter une équipe compétitive et enfin des joueurs qui viennent récompenser tout le monde. On vit toujours le premier titre de manière égoïste car le plaisir personnel est très fort. A partir du deuxième, on pense avant tout à remercier les gens qui vous permettent de vivre ces moments fabuleux.
Pensez-vous que l’accumulation des titres a banalisé votre exploit ?
J’avais un peu cette impression, oui. Mais je pense les gens sont en train de prendre conscience de l’importance de ce qu’on a réalisé. Je lisais la presse ce matin (dimanche) qui parlait de nos dix titres de champion de France en quatorze ans. Ce chiffre se passe de commentaires.
Quel est le secret de Montpellier ?
Une mentalité particulière s’est installée, que certains qualifient de culture de la gagne. Il y a en tout cas un niveau d’exigence très fort. Les joueurs savent qu’en venant ici, ils vont devoir beaucoup donner mais qu’ils peuvent récolter beaucoup et s’affirmer. Ça donne envie de venir mais cela peut aussi faire peur à certains joueurs. Les vrais grands sportifs sont ceux qui se battent pour gagner les titres. Quand un joueur arrête sa carrière, il peut regarder ce qu’il a sur son compte en banque mais ce qui reste, ce sont les titres et les émotions. La fierté est grande de porter ce maillot historique et tout cela crée une atmosphère propice à se dépasser.
« Montpellier ne cesse de grandir »
La seule petite déception est votre élimination au deuxième tour de la Ligue des Champions…
C’est une compétition très particulière. La Ligue des Champions existe depuis une soixantaine d’années et Montpellier est le seul club français à l’avoir remportée (ndlr : en 2003) mais également à avoir atteint les quarts et demi-finales. On se situe dans un univers extrêmement compétitif. On a évolué cette année au niveau équivalent aux quarts de finale, ce qui est déjà un très beau parcours. On était un petit peu déçu d’être passé près du dernier carré. Il faut continuer à travailler et le projet de grande salle va nous y aider. Mais je ne peux pas garantir qu’on va gagner la Ligue des Champions de manière régulière car cela relève de l’exploit. L’important est que Montpellier soit pérenne et reconnu au plus haut niveau.
Montpellier peut donc encore grandir selon vous ?
Montpellier ne cesse de grandir. La progression n’est pas linéaire. Il y a des moments dans la vie d’un club où il faut savoir évoluer. A la fin de la saison dernière, on a engagé un renouvellement progressif de l’équipe qui devenait un petit peu vieillissante. On a également fait évoluer notre manière de jouer vers plus de vitesse et d’offensive pour la rendre encore plus spectaculaire. Il faut garder les valeurs qui ont construit ce club sans avoir peur d’évoluer.
Il vous reste un dernier défi cette saison : gagner la Coupe de France pour réaliser un troisième triplé après 2005 et 2006…
La saison est pour l’instant magnifique mais elle pourrait être exceptionnelle. On va essayer cette semaine de rassembler l’énergie qui nous reste contre Ivry samedi en demi-finale, puis en finale. Le challenge est difficile mais si on arrive à se remobiliser, il est à notre portée.
Interview réalisé par Sylvain COULLON
Pour la petite histoire le MAHB a finalement remporté la Coupe de France.
1ère sélection en équipe de France sénior :
Rencontre du 12 Décembre 2006
Palmarès en équipe de France :
2006 : Médaillée de Bronze aux Championnats d'Europe
Meilleur souvenir handballistique : Finale de Championnat de France
Pire souvenir handballistique : Blessure
Conseil de joueuse : Ne jamais reculer face à la difficulté
L'énigme
Elle est une enfant de la balle. Elle est une énigme. Jamais retenue dans les sélections de jeunes, boudée et parfois bannie au moment du choix final, avec les juniors comme avec les espoirs, la demoiselle s'est néanmoins invitée à la table des grandes, à l'Euro en Suède, en décembre 2006. Son engagement physique et son bras gauche avaient séduit un staff tricolore toujours à l'affût de talents sur le poste d'arrière droit.
Là-bas, sur les parquets de Malmö, puis ceux de Stockholm, la libellule de Gan, cette bourgade pyrénéenne qui, entres autres douceurs, produit l'Ossau-Iraty, un sublime fromage de brebis, a ouvert grand les yeux, goûté aux rares moments autorisés sur le parquet. Sans se goinfrer. Sans en rajouter. Peut-être un peu intimidée, peut-être angoissée.
Pourtant, les spécialistes, et aussi les familiers, les coutumiers du gymnase René-Nativité de Bordes et tous ces sportifs des mercredis après-midi savent bien. Ils savent son immense détermination, son potentiel à ciseler, cet état d'esprit au dessus de tout soupçon. L'être est entier, un vrai caractère à polir. Evidemment attachant, profondément touchant.
Après onze saisons consacrées à Gan, puis deux à Bordes, dans l'antichambre, elle a fait le pari de l'élite. A dix-neuf ans. A peine le temps de s'adapter à ses complices de Bègles qu'elle s'invitait sur le podium des meilleures marqueuses...
Ainsi est l'insolente, pressée, blindée. Jadis, elle a souvent failli craquer, à la limite de l'écoeurement. Elle s'est accrochée, avec tout son tempérament. Aujourd'hui encore, elle vit la concurrence dans la plus parfaite sérénité. Opérée de l'épaule, contrainte de prendre son mal en patience, elle a loupé le Mondial en France. Elle veut se rattraper. Jouer en Bleu est une obsession. Grandir, un souci quotidien. Elle n'ignore rien des enjeux, mesure parfaitement sa marge de progression. Mieux défendre, alterner les shoots, oser sont ses préoccupations de tous les jours.
La médaille de bronze est soigneusement rangée. Au côté de tous ces serments déclamés depuis des siècles et auxquels peu de monde avait prêté attention. Il reste de la place pour d'autres trophées, d'autres promesses. Vingt-et-un ans, c'est l'âge de raison. Le moment de devenir quelqu'un, de clouer le bec aux sceptiques. C'est l'âge d'exprimer ses penchants, d'exhiber son talent. Alexandra Lacrabère a le potentiel pour réaliser de belles choses dans la jungle du haut niveau. Elle est formatée, ses racines enfouies dans la terre du Jurançon sont indéfectibles. Il ne lui manque plus qu'une chance, une opportunité, un terrain d'expression. Celui de Pékin est le plus majestueux. Mais elle se délecte aussi de ceux qu'elle va découvrir en Espagne, celui de Bera Bera, l'abri de la rentrée, notamment. Un gymnase, quelques lignes entremêlées, deux cages et un ballon. Cet espace et ces repères qui ont guidé son adolescence.
Bousculés en début de première période, les Français ont su s'appuyer sur un Fernandez des grands jours et des acquis solides pour prendre le meilleur sur des Egyptiens malgré tout dangereux.
Quelque peu laborieux dans le premier quart d'heure, les Bleus ont finalement passé la seconde pour se défaire d'une Egypte décidement prometteuse. La défense a eu du mal à se mettre en place (5-8, 12e) laissant des espaces aux pivots egyptiens. Le temps de recadrer tout cela, de voir un excellent Jérôme Fernandez faire son entrée sur le terrain et voilà les Tricolores qui prennent les devants pour ne plus les lâcher. (8-8, 22e; 14-10 à la pause).
La deuxième période voit les Bleus aller crescendo en jeu placé. Daouda Karaboué fait bonne garde derrière, Fernandez distribue buts et caviars à Paty notamment. Les Egyptiens perdent prise et seul Zaky tient son équipe à flots. Une dernière combinaison française permet à Bertrand Gille de marquer le dernier but français depuis l'aile gauche. 29-21.
Retrouvées en défense, inégales en attaque, les Bleues ont vaillement tenu tête aux Roumaines. Malgré la défaite (22-23), les motifs de satisfaction ne manquent pas. Le travail qu'il reste à faire non plus.
Cela s'est joué à peu de choses. Quelques balles perdues, des prestations individuelles inégales... Malgré cette courte défaite face aux Roumaines, les enseignements sont nombreux. Et Olivier Krumbholz ne cachait pas quelques motifs de satisfaction : "C'est un match instructif, il a manqué la victoire pour être pleinement satisfait. C'est dommage, parce que les filles ont bien abordé le match..."
Très bien même. Malgré la tension palpable, les Tricolores se soudent devant leur zone alors que Valérie Nicolas s'affaire à calmer les ardeurs roumaines. "Il y a du volume en défense, ça a beaucoup perturbé l'adversaire."
Le travail des dernières semaines a donc porté ses fruits. Mais il reste encore quelques réponses à trouver dans le secteur offensif. "On a encore manqué un peu de lucidité et d'engagement en attaque, reprend le sélectionneur tricolore. On a perdu trop de ballons et fait trop de fautes grossières dans les derniers instants pour pouvoir s'en sortir dans ce genre de contexte. Il manque encore de lucidité et de rigueur."
Individuellement, la grosse satisfaction vient indéniablement d'Alexandra Lacrabère. La nouvelle pensionnaire du club espagnol de Bera Bera a réalisé un sans faute (4/4) et confirme tout le bien qu'on pensait d'elle. "Elle a fait de bonnes choses. En revanche, certaines vont devoir élever leur niveau de jeu si elles veulent nous aider. Aux Jeux, on joue à quatorze."
Aux Jeux, justement, les Françaises croiseront la route des Roumaines dès le premier tour des Jeux. Et la défaite d'aujourd'hui pourrait malgré tout aider les Bleues à inverser la tendance à Pékin. Et finalement, c'est bien là l'essentiel.
1ère sélection en équipe de France sénior : 00 1996
Nombre de but en équipe de France sénior : 608
Nombre d'année de pratique du Handball : 26
Palmarès en équipe de France :
Mondial : Médaillé de Bronze en1997 au Japon, 6ème en 1999, Champion du Monde en 2001 en France, Médaille de Bronze en 2005 en Tunisie, 4ème en 2007 en Allemagne.
Euro : 7ème en1998, 6ème en 2002, 6ème en 2004, Champion d'Europe en 2006 en Suisse, Médaille de Bronze en 2008 en Norvège
JO : 6ème à Sydney en 2000, 5ème à Athènes en 2004
Palmarès en club :
1998, 1999, 2000 : vice-champion de France
2001 : Champion de France
2002 : Vainqueur de la Coupe de la Ligue , vice-champion de France
2004 : Coupe DHB et Supercoupe (Hamburg)
2006 : Coupe DHB et Supercoupe (Hamburg)
2007 : vainqueur de la Coupe des Vainqueurs de Coupe
Ses conseils de joueur : Le plaisir, la volonté, la vie en groupe, ... et beaucoup de travail !
Situation de famille : Marié, 3 enfants
Loisirs : Cinéma, musique, sorties, ordinateur, sports, famille